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Le 10 juin : les 5 raisons de hacker la politique

jeudi 7 juin 2012, par Davduf, Les invités de Mediapart

Ils ont surgi de toutes les mers, bravé des océans de paperasse, formé leurs équipages, remué codes électoraux et imprimeurs, et dimanche, ils/elles seront 101 candidat(e)s et autant de suppléant(e)s à l’abordage du Palais Bourbon. Souquez les artimuses !

Depuis quelques jours, sur les panneaux électoraux, devant les écoles, d’étranges affiches vertes et mauves fleurissent. Le Parti Pirate se présente pour la première fois à un scrutin national. Pour beaucoup, il s’agit d’un OPNI (objet politique non identifié). D’autres savent que des Partis Pirates existent déjà dans plusieurs dizaines de pays, notamment en Suède et en Allemagne où ils comptent de nombreux élus.

La plupart sont de jeunes moussaillons, certains de vieux loups de mer, aucun n’a fait de la politique son métier, nul apparatchik, tous sont des citoyens espérant relancer la démocratie.

Il y a mille raisons de monter à bord et de voter Pirate le 10 juin prochain.

En voici cinq :

 Mettre à jour la démocratie

La République est rongée par la collusion entre les pouvoirs économiques, politiques et judiciaires. Agissons afin de prévenir les conflits d’intérêts : nous réclamons une justice réellement indépendante avec, notamment, la création d’un Conseil supérieur de la justice, autonome. Nous visons une vie politique transparente et participative, traquant les conflits d’intérêt, le cumul de mandats à plein temps et le financement occulte des partis. Les citoyens doivent pouvoir harponner le Parlement via des pétitions par Internet, comme en Allemagne. Les entreprises en contrat avec l’État doivent publier leurs marges. L’État dispose d’un butin gigantesque de données déjà financées par les citoyens. Propulser dans les tuyaux d’Internet ces données pourraient permettre à des entreprises de prospérer, à des citoyens d’améliorer leurs projets collaboratifs et à tous de veiller à la qualité et à l’usage de ces données.

 Imposer un regard neuf sur les nouveaux usages

Avec le développement d’Internet, la société a changé. Les pratiques culturelles aussi. Le partage des œuvres est aujourd’hui une pratique courante. Pourtant, la classe politique traditionnelle, légiférant sous l’influence des industries dites culturelles, persiste à réprimer le partage. Le Parti Pirate veut synchroniser la législation et les pratiques en légalisant le partage non-marchand sur Internet. Voulons-nous « affamer les artistes » ? Non. De nombreuses études démontrent que ceux qui piratent le plus sont ceux qui achètent le plus. Nous souhaitons proposer d’autres formes de financement de la production artistique et culturelle, par un changement de la législation et une volonté politique innovante.

 Nous libérer de la prolifération des fichages

LOPPSI, PNR, Cristina, Base-élève, CEL : Stop ! Nous sommes victimes de la spirale inflationniste des fichiers que produit l’administration pour quadriller la population. Quelles garanties avons-nous contre le croisement des fichiers ? Et que dire des fichiers privés, collectés à notre insu et sans surveillance ? En 1974, la légereté avec laquelle l’État traitait les données personnelles faisait scandale et aboutissait à la création de la CNIL. Presque quarante ans plus tard, les garde-fous ont sauté. Il faut reprendre le contrôle des fichiers et encadrer les dispositifs de surveillance au sens large : limiter la vidéosurveillance, anonymiser les cartes de transport, faire respecter la confidentialité des échanges privés (courriels, etc).

 Construire un parti internationaliste

Les Pirates ont débarqué en 2006 en Suède, sur un coup de bluff d »un programmeur. Le nom était un pied de nez à ceux qui stigmatisent le partage culturel. Aujourd’hui, les Pirates sont présents au Parlement Européen. Qu’ils soient de Catalogne, de Suède, d’Allemagne ou de France, tous partagent les mêmes valeurs et déplorent le manque de démocratie de l’Union. Le Parlement Européen est capitaine de corvette : il devrait être amiral. C’est pourquoi tous les Pirates d’Europe présenteront un programme commun lors des prochaines élections européennes. Un premier pas vers une culture politique commune aux 27… voire au-delà : le mouvement Pirate s’étend déjà à tous les continents du globe.

 Financer un jeune parti

Dimanche dernier, les quatre candidats du Parti Pirate de France qui se présentaient pour les circonscriptions des Français de l’Etranger ont tous obtenu plus d’1% des voix. Ces résultats indiquent où le vent souffle. Il nous porte. Si, de la centaine de candidats Pirates présents en métropole et outre-mer, la moitié au moins obtient un score similaire ce dimanche, alors notre navire aura de quoi s’offrir de nouvelles voiles et préparer les prochaines échéances. Car s’ouvrirait alors le financement public des partis, soit 8,15€ par voix sur cinq ans. Le « vote utile » prendra alors un tout autre sens.

Montez à bord. Le 10 juin, hackons les élections. Votez Pirate !.

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Voir en ligne : Tribune publiée à l’origine sur Mediapart.fr


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