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Remplacer Google. Et si on dégooglisait internet ?

jeudi 25 septembre 2014, par mariemini

Pierre-Yves Gosset de Framasoft au RMLL de Montpellier juillet 2014

Lien vers la vidéo

Transcription du début pour vous donner envie de lire la suite sur le site de l’APRIL :

Cette conférence fait suite à celle que j’ai donnée il y a trois heures maintenant, tout à l’heure, autour de comment Framasoft avait quitté Google. Et donc là, on la joue un peu sur le mode déconnade parce qu’on ne sait pas trop où on met les pieds, mais on y va quand même.

Je fais court, je me représente. Je m’appelle Pierre-Yves. Je suis membre de l’association Framasoft. Framasoft qui, depuis maintenant plus de dix ans, fait la promotion de la culture libre en général et du Logiciel Libre en particulier. Je vais aller beaucoup plus vite que ce matin pour la présentation.

On a un axe Logiciels Libres, notamment au travers d’un annuaire de logiciels libres, qu’on maintient maintenant depuis plus de presque quinze ans. Un axe Culture Libre avec une maison d’édition qui s’appelle Framabook, un blog qui s’appelle le Framablog dont les objectifs sont de faire connaître la culture libre et de montrer qu’on peut faire du Libre avec de objets physiques comme on peut le faire avec du logiciel. Et on a un axe Services Libres, depuis maintenant à peu près deux trois ans, et c’est essentiellement de celui-là dont je vais parler aujourd’hui.

Cet axe Services Libres, c’est quoi ? C’est proposer des applications libres à des gens qui ne savent pas forcément les installer, qui ne les connaissent pas, etc. Tout simplement parce que les usages ont changé ces dernières années, et plutôt que d’installer maintenant des logiciels en client lourd sur leur machine, on a beaucoup d’utilisateurs qui utilisent des services en ligne, dans le cloud, le nuage, l’info nuagique, appelez ça comme vous voulez, mais ça pose un certain nombre de problèmes, et aujourd’hui je vais notamment taper sur Google, d’abord parce que ça nous fait un peu rire, mais ensuite parce que, il y a, selon nous, un vrai danger pour les utilisateurs à long terme et les citoyens à utiliser massivement Google juste parce que le service fonctionne extrêmement bien et que c’est extrêmement pas cher, pour l’instant, puisque c’est gratuit et fonctionne essentiellement sur la publicité.

Donc, ne vous étonnez pas du caractère un petit peu prétentieux de la conférence. C’est fait exprès. Les gens qui vont arriver après coup ne vont pas forcément comprendre, mais ce n’est pas grave. Vous leur expliquerez que ce n’était pas méchant, mais c’est un petit peu prétentieux.

Donc, let’s go. Remplacer Google et si on dégooglisait Internet ?

Revenons un petit peu dans le temps, 2 décembre 1998, Google, moteur de recherche ouvre ses portes. On est aujourd’hui en 2014 et Google fait en gros 45 000 recherches par seconde, répond à 45 000 recherches par seconde. Mais surtout Google propose un ensemble de services. Donc là, j’ai volontairement laissé en clin d’œil à la conf de ce matin le petit logo Framasoft en haut de Gmail puisque nous utilisions Gmail avant de quitter Gmail. Mais, j’ai rouvert mon vieux compte Gmail - Framasoft pour montrer à quel point les services de Google nous avaient un petit peu aspiré. Donc Gmail aujourd’hui, c’est en gros 500 millions de comptes. Donc, pour les administrateurs systèmes dans la pièce, gérer 500 millions de comptes mails, c’est quand même le truc qui fait un peu peur.

Google, c’est aussi Google Drive, 120 millions d’utilisateurs en 2012, aujourd’hui je n’ai pas retrouvé les chiffres. Donc Google Drive, un service extrêmement pratique pour déposer ses fichiers, ses données en ligne, les partager avec des gens, créer des groupes, des sous-groupes, etc. C’est aussi Google Agenda. Agenda, là aussi très facile à partager avec des groupes. Vous voyez dans la partie gauche de la fenêtre, on partageait entre nous différents agendas, des agendas perso. On peut partager des agendas perso, des agendas pro. C’est extrêmement bien intégré, ça marche plutôt pas mal.

Google c’est aussi YouTube. YouTube est souvent, enfin, traité un petit peu à la marge je trouve, par les libristes. Mais si on veut faire passer des idées, aujourd’hui YouTube est plus important, touche plus de monde que n’importe quelle chaîne câblée sur la planète. YouTube, c’est un milliard de visiteurs uniques par mois, un milliard, ça fait quand même un sixième de la planète. YouTube, c’est six milliards d’heures de vidéos visualisées chaque mois, et c’est 100 heures de vidéo uploadées par minute. Parti comme c’est, et si on continue comme ça, YouTube deviendra le seul centre de réception, diffusion vidéo, pour le grand public et pour les entreprises. Nous libristes, encore une fois, on a sans doute une autre vision, mais pour « les gens », avec plein de guillemets autour de « les gens », je n’ai pas envie de dire madame Michu, mais c’est un outil extrêmement pratique, sur lequel on peut venir consommer et déposer des vidéos.

Un petit plus caché, Google c’est aussi Google Analytics. Google Analtytics représente en gros 70 % de part de marché des outils statistiques. Donc ça veut dire que Google, sur tous les services qui n’auto-hébergent pas leurs services de statistiques, ce qui représente quand même une immense partie des sites de la planète, sept sites sur dix sont statés par Google. Ça veut dire qu’ils savent qui, va voir quoi, quand, combien de temps, avec quel parcours, etc.

Google c’est aussi et surtout pour eux, puisque c’est leur principale source de revenus Google Adsense, Google Adsense est donc le système de publicité de Google, qui marche là-aussi extrêmement bien et dont Framasoft a profité aussi pendant des années, vu qu’on avait une petite publicité Google sur Framasoft qui permettait d’abonder les recettes un petit peu de l’association et c’était extrêmement pratique. Nous avons supprimé la publicité, pour ceux qui n’étaient pas là ce matin, nous avons supprimé la publicité. Il n’y a plus de publicité Google, ou autre d’ailleurs, sur Framasoft.

Google c’est aussi toujours un petit peu au niveau technique, leur réseau ; ils ont des librairies, hébergées, des bibliothèques hébergées pardon, donc par exemple nous ce qu’on utilisait beaucoup, c’étaient les bibliothèques JQuery, on allait taper directement chez Google. Il y a énormément de gens qui font ça et tout ça encore rajoute de l’information à Google.

Google toujours pour monsieur, madame Chinu ou Michu, ou, appelez-le comme vous voulez, c’est aussi Google Groups, qui est un service, nous qui travaillons beaucoup avec des associations, dans le réseau d’éducation populaire dans lequel on est, Google Groups est outil extrêmement utilisé. Ça veut dire que c’est un des principaux outils d’échange et de partage que vont utiliser des associations, des particuliers pour partager, pour travailler ensemble sur des projets et pour travailler de façon collaborative.

Google, c’est aussi Google Talk et Google Hangouts, c’est-à-dire la possibilité de faire du chat, de la vidéo, du partage d’écran, du partage de fichiers, etc. Pour ceux qui ont utilisé, là encore, ça fonctionne plutôt pas mal et Google en profite pour récupérer évidemment des données, héberger des données.
Mais ce n’est pas tout ! Google s’étend. On pourrait parler de Google Scholar, on pourrait parler de Google Reader, défunt depuis, effectivement, mais qui a longtemps fonctionné. L’hébergement de photos, qui, si vous avez un téléphone Android sont uploadées directement sur Picasa, si vous n’avez pas décoché l’option, etc, etc.

Mais, ce n’est pas tout ! Il y a aussi plein d’autres projets chez Google : Google, un des principaux contributeurs aujourd’hui d’Android, qu’il contribue à refermer petit à petit ; Google, créateur et vendeur de téléphones ; Google toujours avec maintenant des systèmes de paiement donc le Google Wallet qui n’est pas vraiment, peut-être que quelqu’un saura me dire s’il est déjà arrivé en France ou pas. En gros, ce sont des systèmes de paiement électronique sans contact. Depuis son téléphone, on passe, voilà, près de la borne et hop c’est payé et en gros Google devient notre banque ou, en tout cas, une partie de notre banque. Non content de savoir sur quoi on surfe, il sait ce qu’on achète non pas seulement sur le site mais même quand on ira à la boulangerie, Google saura si vous avez commandé une baguette ou un éclair au chocolat. Ça commence un petit peu, on se dit il faut peut-être un petit peu faire attention.
Google fait des Google Cars, par exemple. Je n’ai pris qu’une partie, toute petite partie des projets de Google.

Enfin on peut se demander : « Pourquoi ? » Il y a quand même un petit peu des questions derrière qu’on peut se poser. Comment est-ce qu’une boîte qui commence par un moteur de recherche peut arriver à faire des voitures ?

La suite


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